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Annonce de ma candidature à la présidence de Facebook

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“Annonce de ma candidature à la présidence de Facebook”

3 avril 2016

par Emanuel Pastreich

 

Chers citoyens de Facebook:

Facebook, c’est beaucoup plus que les batteries de serveurs de Mark Zuckerberg et son armée de codeurs. Facebook constitue pour nous aujourd’hui le moyen le plus efficace de communiquer et de former des réseaux de collaboration au-delà des frontières nationales. Facebook est un réseau international sans précédent de gens qui pourraient contribuer fortement à résoudre les défis de notre époque si on le leur permettait. Le temps est venu pour nous de déclarer notre indépendance vis-à-vis de l’empire qui nous contrôle.

L’Internet est souvent conceptualisé comme une série de couches distinctes qui vont de la couche 1, les connexions matérielles des fils et des câbles qui soutiennent nos communications, à la couche 7, qui est le fonctionnement des applications sur l’Internet. Mais la communauté mondiale de Facebook se situe à un niveau plus élevé que la couche 7: à la couche 8, formée par l’application de la toile; couche culturelle, sociale et politique qui n’est qu’indirectement liée aux sept couches précédentes .

Quand je parle de ma candidature à la présidence de Facebook, je me réfère au plus haut niveau de Facebook: à la couche 8, la République de Facebook, que nous, ses citoyens avons créée et sur laquelle Facebook Incorporated n’a pas la domination. Mais Facebook Incorporated cherche activement à saper nos efforts visant à créer une communauté démocratique et constructive, en rendant impossible la récupération des anciens posts – nous privant ainsi de l’accès à nos propres créations, nous privant d’un graphe social interrogeable, significatif pour trouver des partenaires souhaités dans le monde et nous empêche de concevoir nos propres pages. Facebook Incorporated n’a même pas écouté nos suggestions d’amélioration.

Mark Zuckerberg se concentre exclusivement sur des profits et n’écoute pas nos demandes. Je me risquerais à dire qu’il ne le fera jamais de lui-même. Nous devons déclarer Facebook indépendant et nous devons le planifier et l’administrer de façon à répondre aux besoins de ses citoyens à travers le monde.

Il y a eu des efforts ad hoc en utilisant Facebook pour effectuer des changements à échelle humaine et internationale, comme « Les humains de New York » (http://www.humansofnewyork.com/) mais c’est à une petite échelle. Le monde a besoin d’efforts plus grands, plus coordonnés: une organisation administrative fonctionnant pour Facebook. Nous ne parlons pas de l’administration du système. Nous parlons d’un mécanisme par lequel les citoyens pourraient avoir leurs idées, suggestions et besoins pris en compte, un Facebook dont la fonction principale serait de permettre à ceux qui l’utilisent de collaborer entre eux pour l’amélioration de notre monde. L’évolution future de Facebook ne devrait pas être liée au profit pour les actionnaires mais plutôt à son potentiel pour amener la paix dans le monde et encourager la coopération mondiale en réponse aux défis tels que le changement climatique, les réfugiés, la prolifération des armes et la désintégration d’un système administratif fondé sur le droit dans les pays à travers le monde. Read more of this post

“Appel à la raison à l’occasion du 60e anniversaire du manifeste Russell-Einstein” (Le Huffington Post)

Le Huffington Post

“Appel à la raison à l’occasion du 60e anniversaire du manifeste Russell-Einstein”

24/07/2015

Emanuel Pastreich

 

http://www.huffingtonpost.fr/emanuel-pastreich/appel-a-la-raison-a-loccasion-du-60e-anniversaire-du-manifeste-russell-einstein_b_7854938.html

 

 

INTERNATIONAL – Soixante ans après qu’Albert Einstein et Bertrand Russell aient publié leur manifeste à propos de la menace croissante de guerre mondiale, le monde continue de faire face à la perspective d’un anéantissement nucléaire couplée à la menace du changement climatique.

C’était il y a 60 ans : Bertrand Russell et Albert Einstein se réunissent avec un groupe d’intellectuels à Londres pour rédiger et signer un manifeste qui met le lecteur en garde contre la course vers un affrontement entre les blocs communistes et anti-communistes. Parmi les signataires de ce manifeste, deux prix Nobel figurent: Hideki Yukawa et Linus Pauling.

Les auteurs livrent un texte sans concession, assimilant la marche vers la guerre et l’utilisation d’armes nucléaires capables d’effacer les Etats-Unis et l’Union soviétique de l’époque, à une menace pour l’humanité entière. Le manifeste montre que les progrès de la technologie, en particulier l’invention de la bombe atomique, ont mis l’histoire humaine sur une voie nouvelle et probablement désastreuse.

Le manifeste, abrupt, pose le choix qui s’offre à l’humanité:

“Voici donc le problème que nous vous présentons, dans ce qu’il a d’austère, de terrible et d’inéluctable : allons-nous mettre fin à l’espèce humaine ; ou l’espèce humaine est-elle prête à renoncer à se faire la guerre ?”

Le Manifeste Russell-Einstein eut pour conséquence une réorientation de la stratégie dangereuse des Etats-Unis. Ce fut le début d’une réflexion sur la notion de sécurité qui mena à la signature du traité de non-prolifération des armes nucléaires en 1968 et à des négociations dans les années 1970 sur le contrôle des armements.

Aujourd’hui, ces avancées sont loin derrière et sont en voie d’être abandonnées. Les Etats-Unis ont complètement oublié les obligations du traité de non-prolifération. L’expression “contrôle des armes” a disparu des discussions sur la sécurité. L’année passée les affrontements entre les Etats-Unis et la Russie en Ukraine sont allés si loin que de nombreux commentateurs parlent de risque de guerre nucléaire.

Résultat, le 16 juin dernier, la Russie a annoncé l’ajout de 40 nouveaux missiles balistiques intercontinentaux pour répondre aux investissements de modernisation des forces nucléaires consentis par les États-Unis au cours des deux dernières années.

Des tensions similaires sont apparues entre le Japon et la Chine sur les îles Senkaku/Diaoyutai et entre les Etats-Unis et la Chine sur la mer de Chine du Sud. Les discussions sur la possibilité d’une guerre avec la Chine dans les médias occidentaux sont de plus en plus fréquentes, et une militarisation des relations américaines avec l’Asie est en train d’émerger.

Mais cette fois, les dangers de la guerre nucléaire sont augmentés par une menace égale ou supérieure : celle du changement climatique. L’amiral Samuel Locklear, commandant du Commandement du Pacifique des États-Unis, déclarait dans un article du Boston Globe en 2013 que le changement climatique “est probablement la chose la plus probable que qui va se passer… qui va remettre en question la sécurité à un niveau bien supérieur aux autres scénarios envisagés.”

Plus récemment, le Pape François a publié une analyse franche et détaillée, dans un encyclique consacrée à la menace du changement climatique :

“Il est remarquable de voir la faiblesse des réponses politiques internationales au changement climatique. Par conséquent, tout ce que nous pouvons attendre, c’est de la rhétorique superficielle, des actes sporadiques de philanthropie et des expressions sommaires de préoccupation pour l’environnement, alors que toute véritable tentative par des groupes, au sein de la société, visant à introduire un véritable changement, est considérée comme une nuisance basée sur des illusions romantiques ou un obstacle à contourner.”

Récemment, alors que le 60e anniversaire du Manifeste Russell-Einstein approchait, je suis devenu de plus en plus perturbé par l’inertie complète des milieux éduqués et connectés face à cette situation. Sans doute la plus dangereuse de l’histoire moderne et peut-être de l’histoire humaine. Plus sombre encore que la catastrophe envisagée par Russell et Einstein. Non seulement nous sommes confrontés à la probabilité accrue d’une guerre nucléaire, mais il y a des signes que le changement climatique progresse plus rapidement que ce que nous pensions. Le magazine Science a récemment publié une étude qui prédit une destruction marine massive si nous ne nous détournons pas des tendances actuelles. Les glaciers de l’Antarctique Sud, pensés comme plus stables, fondent beaucoup plus rapidement que prévu. Pourtant, nous ne voyons pas le moindre effort de lutte contre cette menace de la part des grandes puissances.

Je discutais de mes préoccupations avec mon ami John Feffer, directeur de Foreign Policy in Focus et associé de l’Asia Institute. John a beaucoup écrit sur la nécessité d’identifier les changements climatiques comme la principale menace de sécurité. Et il a travaillé en étroite collaboration avec Miriam Pemberton de l’Institut For Policy Studies sur les efforts nécessaires pour détourner les Etats Unis de l’économie militaire. Avec John, nous avons travaillé sur une version du manifeste adaptée à la situation du changement climatique, un problème qui n’était pas encore formulé en 1955. Nous avons tourné le manifeste en une pétition que nous vous invitons tous à signer. Cette nouvelle version du manifeste est ouverte à la participation de tous, elle ne s’adresse pas seulement à une élite de Prix Nobel.

J’ai aussi discuté avec David Swanson, un ancien collègue de mes années passées à travailler sur la campagne du démocrate Dennis Kucinich en 2004. David est désormais Directeur de World Beyond War, une organisation qui cherche à créer un consensus sur le fait que la guerre n’a plus sa place dans la culture humaine. David a proposé de présenter le manifeste à un large groupe d’activistes et nous nous sommes mis d’accord pour que Foreign Policy in Focus, le Asia Institute et World Beyond War soient co-sponsors du manifeste mis à jour. Read more of this post

“Un professeur américain voit dans les traditions oubliées de la Corée les réponses pour l’avenir” (Français)

 

“Un professeur américain voit dans les traditions oubliées de la Corée

les réponses pour l’avenir”

KOREA.NET

17.06.2013

Emanuel Pastreich, connu à Séoul sous son nom coréen de Lee Man-yeol, vit en Corée depuis plus de six ans. Professeur à la Faculté d’Etudes internationales de l’Université Kyung Hee, il a fondé l’Institut d’Asie. Durant ses études à Yale, E. Pastreich a commencé à se spécialiser sur l’Asie. Il a poursuivi ses études à Harvard, puis à l’Université de Tokyo et à l’Université Nationale de Séoul. C’est alors qu’au fil de ses recherches comparatives, il a développé une affinité particulière pour la culture coréenne. Il vient récemment de traduire en anglais les nouvelles de l’intellectuel et écrivain Park Ji-won (1737∼1805).

Emanuel Pastreich est un passionné de culture et de littérature de la Dynastie Joseon (1392-1910), période que les Coréens ont, selon lui, par trop mésestimée dans leur course en avant vers la modernité. Dans le nouveau livre qu’il rédige actuellement, il explique que la culture traditionnelle peut jouer un rôle fondamental dans la société contemporaine. A cet égard, cet ouvrage intitulé «Une Autre Corée» présente des facettes méconnues de la Corée qui, selon lui, peuvent s’avérer utiles s’agissant des problèmes contemporains. Le livre sera publié en Corée en juillet 2013.

C’est dans un café de Séoul qu’il affectionne tout particulièrement que j’ai rencontré ce chercheur américain, que nous pourrions qualifier de «globetrotteur du 21ème siècle». Cet homme au regard bleu clair cerclé de fines lunettes, qui approche la cinquantaine, m’a fait part, dans un coréen parfait, de ses réflexions sur les écrits de l’époque Joseon, peu connus de la plupart des Coréens, sans oublier les romans pré-modernes chinois comme «Fleur en Fiole d’or» (Jin Ping Mei) et «Rêve dans le Pavillon Rouge» (Hóng Lóu Mèng), de même que les écrits japonais, tels que le genre yomihon de la période Edo (1603–1867). Ainsi, la conversation a-t-elle reflété sa connaissance approfondie de la tradition coréenne, son immense érudition s’étendant de la pensée et de la littérature de la Dynastie Joseon à la société coréenne contemporaine. Read more of this post